Juin 1940. La France s’effondre face à l’avancée fulgurante des troupes allemandes. En quelques semaines, la Wehrmacht traverse les Ardennes, contourne la ligne Maginot, et marche sur Paris. Le 17 juin, le maréchal Pétain, chef du nouveau gouvernement français, annonce la demande d’armistice. Il est signé avec l’Allemagne le 22 juin, puis avec l’Italie trois jours plus tard.
Pour l’Angleterre, désormais seule face à l’Allemagne nazie, c’est un tournant tragique. L’alliée de toujours, la France, vient de quitter la guerre. Le Royaume-Uni se retrouve isolé sur la scène européenne, encerclé de toutes parts. Mais une autre angoisse pèse sur Churchill et son état-major : la flotte française, l’une des plus puissantes au monde, est désormais hors de contrôle. Stationnée en grande partie à Mers el-Kébir, près d’Oran en Algérie, elle pourrait, en théorie, tomber entre les mains d’Hitler si les clauses de l’armistice n’étaient pas respectées.
Le gouvernement de Vichy assure que la flotte ne sera jamais livrée. Mais pour Churchill, la promesse ne suffit pas. Il veut des garanties. Rapidement. L’amirauté britannique élabore alors l’opération Catapult : neutraliser ou capturer les navires français avant qu’ils ne soient utilisés contre les Alliés.
Entre deux nations amies la veille, la méfiance s’installe. La diplomatie échoue. Et l’impensable se prépare